Journal de l'ASSO

Réseaux ou filets ?

Le réseau de soin

L’étymologie du mot réseau remonte au latin « retiolus » diminutif de retis qui signifie « filet ». Le filet peut prendre différentes formes dans notre spécialité.

Le premier filet qui vient à l’esprit est le réseau de soin. Les plateformes de soins touchent les domaines de la santé où L’Assurance Maladie Obligatoire est la plus défaillante : optique, audioprothèse, chirurgie-dentaire ou certains centres de soin avec médecins spécialistes.

Les réseaux de soins répondent aux doux noms de Kalivia, Santéclair, Sévéane, Carte Blanche… Ils ont obtenu avec la loi Leroux de janvier 2014 la possibilité de réaliser des remboursements différenciés des patients en optique et en dentaire.

Si la République a sa Marianne Tout Court, les plateformes ont leur Marianne Binst. Celle-ci est toujours prête à défendre son modèle médical dans l’intérêt des organismes complémentaires. Le libre-choix du praticien n’existe plus.

Les demandes de renseignements médicaux sont fréquentes et totalement illégales. Tout manquement au secret médical est condamnable pour le praticien (article R 4127-4 du Code de la santé publique).

Sa responsabilité civile et même pénale peut être engagée mais les plateformes sont également susceptibles d’encourir les mêmes peines par le fait d’obtenir ou de tenter d’obtenir des informations en violant le secret médical.

 

Le réseau financier

Pour le réseau de soin, le patient est un consommateur de santé et l’organisme complémentaire devient le financeur sous forme de tiers-payant. C’est le deuxième filet qu’on peut aussi appeler réseau financier.

 

Le réseau des fabricants

Un troisième niveau de filet est constitué par le réseau des fabricants. Certains fabricants d’aligneurs utilisent tous les moyens modernes pour donner des certifications.
Ils vulgarisent notre spécialité en un week-end. Les orthodontistes deviennent des providers (ce qui veut dire littéralement fournisseurs).
Ces fabricants sont régis par le Code du Commerce et le consommateur de santé devient leur client. Ils dirigent les patients via des blogs facebook, des opérateurs téléphoniques ou des campagnes publicitaires. Le fabricant rêve in fine de se passer de l’orthodontiste. (https://smiledirectclub.com/)

Le réseau d’annuaire

Un quatrième filet est constitué par le réseau d’annuaire. Ces plateformes de mise en relation basées sur le modèle américain Zocdoc ou indien Practo, qu’elles s’appellent doctolib, mondocteur ou keldoc sont devenues incontournables dans l’imaginaire des patients.
Leur quasi-monopole permet aux praticiens-payeurs d’apparaître en premier sur les moteurs de recherche. Les non-spécialistes usurpent le titre d’orthodontiste et apparaissent devant les spécialistes.
Rappelons que l’usurpation de titre est condamnée par notre Code de Déontologie (Article R4127‐217 du Code de la Santé Publique).
Zocdoc est devenu aux Etats-Unis le Tripadvisor de la médecine en distribuant les étoiles au gré des retours de patients. L’orthodontiste est devenu un hôtelier…
Depuis 2016, Keldoc appartient à la Mutuelle Nationale des Hospitaliers, qui est dans le réseau carte blanche. Le patient est pris en main depuis son smartphone jusqu’à la carte vitale.

Ainsi la boucle est bouclée.

Crédits :
https://www.santeclair.fr/web/reseaux-dentaire
https://www.facebook.com/groups/UnNouveauSourireInvisalign/
https://www.facebook.com/groups/1842339696022185/
https://smiledirectclub.com/

La santé en Inde et en France : différences ou convergences ?


https://www.zocdoc.com/

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